Noir comme l’éblouissement: L’ange du bizarre. Le romantisme noir de Goya à Max Ernst

Une très belle exposition,

Les textes présentant chaque salle sont éclairants. Le choix des toiles pertinent, même si l’on regrette quelques manques (le symbolisme n’est représenté que par quelques artistes, la musique est totalement absente).

Néanmoins, le parcours est fascinant, et bien évidemment, le parallèle avec notre époque ne peut manqué d’être effectué. Le rêve et le cauchemar: cette occulte part de notre esprit, manifestation des pulsions et désirs qui constituent notre terreau nous tend un miroir sur notre être secret et nos craintes les plus cachées. Elle est soigneusement escamotée de nos jours, ou pire, travestie dans le but d’être transformée en une valeur quantifiable et commercialisable pour le plus grand monde, détruisant la véritable catharsis des récits qui attaquaient et nourrissaient les racines de l’inconscient au profit de spectacles méticuleusement édulcorés.

Pourtant, le véritable effroi gothique, l’obscure clarté des forêts emprisonnantes, les créatures démoniaques et mon amie La Mort, méritent mieux qu’une récupération vestimentaire et cinématographique formatées en ces temps où le futur est sombre et où le constat de tout système politique, philosophique et économique est désormais amer et sans plus d’illusion, ce qui pourtant, à une époque, était à l’origine du romantisme noir.

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