14 novembre 1925

Breton & Desnos, dans le catalogue de la première exposition surréaliste se tenant à la galerie Pierre à Paris:

« Le moment sera venu de nous séparer de tout ce qui nous a jamais retenus, de ne plus nous perdre aux jeux du cadran muet ou de la borne : 6.396.78. Désormais la nuit est reine ; rien ne saurait émouvoir ceux dont elle comble les maisons et les cœurs – rien, pas même le silence, à peine un dialogue d’insectes »

Trois fois rien

hardwish le-duo-artistique-petra-mrzyk-jean-francois-moriceau-781248 Couv_56949

Trois fois rien.

(de Petra Mrzyk et Jean-François Moriceau; édité chez les Requins marteaux, 2006).

Et bien « trois fois rien », c’est un bon titre, mais le contenu de ce livre pavé, très bien imprimé, dément l’accroche: ce n’est que du bonheur page après page, et bien rempli. Avec une générosité dans le fouillis, un fringale d’essais de techniques, des idées en pagaille. Entre Topor et le Pop-art parfois. La mise en page laisse la part belle au blanc du fond et affiche de curieux déséquilibres dans le bon sens du terme. Certains personnages sont récurrents, et des thèmes ricochent de temps à autre au fil des pages, et l’on est emporté par un élan créatif que j’ai rarement vu.

Une merveille à découvrir.