Ne risquez plus votre vie: achetez une Sir-Vival Concept car 1958!!!

Sir-Vival Safety Car Avril 1959Sir-Vival Safety Car 3 Sir-Vival Safety Car

Voilà un voiture des années 50 (fin de la décennie, 1958 pour être précis), réalisée par un inventeur du Massachusetts, W. C. Jerome en customisant un tout petit peu une Hudson 1947 pour la partie arrière, et une Nash 1948 pour la partie avant. Ca donne tout de suite un look d’enfer pour aller à la boulangerie ou récupérer ses mômes à l’école, sans compter la facilité pour se garer, hein… Mais bon, le but n’était pas d’être original plutôt que de produire la voiture la plus sûre au monde en protégeant les passagers et le conducteur des chocs…

La tourelle sur 360° vaut le détour. A mon avis, il manque les canons anti zombies, mais bon, sur le prochain modèle avec de la chance…

Les nouvelles en trois lignes de Félix Fénéon

Elles commencent à être davantage reconnues, ces merveilles dont l’écrivain, critique d’art et employé au ministère de la guerre, Fénéon, inonda mine de rien le journal Matin, journal plutôt conservateur, auquel il collabore à partir de 1906. Il s’amuse alors, à casser du bourgeois, du curé et tout ce qui l’emmerde voyez-vous, et avec esprit bien sûr et de telle manière qu’on ne le remarque pas.

Il ne publiera pas vraiment de son vivant (mort, c’est autre chose…)

Voici quelques magnifiques exemples de ces faits divers véridiques, peut-être un peu noirs? mais surtout bien (dé)tournés:

 

  • Le feu, 126, boulevard Voltaire. Un caporal fut blessé. Deux lieutenants reçurent sur la tête, l’un une poutre, l’autre un pompier.
  • Le professeur de natation Renard, dont les élèves tritonnaient en Marne, à Charenton, s’est mis à l’eau lui-même : il s’est noyé.
  • Jugeant sa fille (19 ans) trop peu austère, l’horloger stéphanois Jallat l’a tuée. Il est vrai qu’il lui reste onze autres enfants.
  • La fourche en l’air, les Masson rentraient à Marainvillier (Meurthe-et-Moselle) ; le tonnerre tua l’homme et presque la femme.
  • Au sujet du mystère de Luzarches, le juge d’instruction Dupuy a interrogé la détenue Averlant ; mais elle est folle.
  • Le curé de la Compôte (Savoie) allait par les monts, et seul. Il se coucha, tout nu, sous un hêtre, et y mourut, de son anévrisme.
  • Au lieu de 175 000 francs dans la caisse de réserve en dépôt chez le receveur des contributions directes de Sousse, rien.
  • Allumé par son fils, 5 ans, un pétard à signaux de train éclata sous les jupes de Mme Roger, à Clichy : le ravage y fut considérable.
  • Fortement escorté de dévots, le maire de Longechenal (Isère) a replacé à l’école le crucifix ôté par l’instituteur.
  • Une machine à battre happa Mme Peccavi, de Mercy-le-Haut. On démonta celle-là pour dégager celle-ci. Morte.
  • Un « poisson royal » de 150 kilos est exhibé à Trouville pour cinq sous. On l’a proposé au jardin des Plantes : pas de réponse.
  • Madame Fournier, M. Voisin, M. Septeuil se sont pendus : neurasthénie, cancer, chômage.
  • C’est au cochonnet que l’apoplexie a terrassé M. André 75 ans, de Levallois. Sa boule roulait encore, qu’il n’était déjà plus.
  • Zoo de Vincennes, la nuit passée. Pour un cadeau original, M. Henri visite les lionceaux. Reste une main munie d’une chevalière.
  • L’anglais James, une célébrité de banlieue (athlétisme, rowing), s’est tranché la gorge à Courbevoie : il craignait de devenir fou.
  • Comme aux temps mythologiques, un bouc a assailli une bergère de Saint-Laurent, dans le lit du Var, où elle paissait ses bêtes.
  • Quarante romanichels avec leurs dromadaires et leurs ours ont dû, poussés par les gendarmes, quitter Fontenay-aux-Roses, et même la Seine.
  • Un flacon flottait. Mauritz de Sèvres se pencha pour le prendre, et tomba dans la Seine. Il est maintenant à la Morgue.
  • Mariés depuis trois mois, les Audouy, de Nantes, se sont suicidés au laudanum, à l’arsenic et au revolver.
  • Une jeune femme en putréfaction a été repêchée à Choisy-le-Roi. Des bagues de diamant ornaient son annulaire gauche.
  • Sigismond Martin, des Clayes, s’endort dans un champ. Ses camarades viennent le réveiller. Impossible : il était mort.
  • C’est au cochonnet que l’apoplexie a terrassé M. André, 75 ans, de Levallois. Sa boule roulait encore qu’il n’était déjà plus.
  • Le Dunkerquois Scheid a tiré trois fois sur sa femme. Comme il la manquait toujours, il visa sa belle-mère : le coup porta
  • M. Abel Bonnard, de Villeneuve-Saint-Georges, qui jouait au billard, s’est crevé l’œil gauche en tombant sur sa queue.
  • Le mendiant septuagénaire Verniot, de Clichy, est mort de faim. Sa paillasse recèlait 2000 francs. Mais il ne faut pas généraliser.

 

———-

 

En 1894, Fénéon est accusé d’avoir fomenté un attentat anarchiste, ce qui est peu probable. Une perquisition permet de trouver à son domicile des détonateurs et du mercure, l’ensemble pouvant servir à confectionner des bombes: c’est le procès des 30. Mallarmé et Mirbeau prennent la défense de Fénéon, mais il s’en sortait parfaitement tout seul:

— Êtes vous un anarchiste, M. Fénéon ?
— Je suis un Bourguignon né à Turin.
— Vous étiez aussi l’ami intime d’un autre anarchiste étranger, Kampfmeyer?.
— Oh, intime, ces mots sont trop forts. Du reste, Kampfmeyer ne parlant qu’allemand, et moi le français, nos conversations ne pouvaient pas être bien dangereuses. (Rires.)
— À l’instruction, vous avez refusé de donner des renseignements sur Matha et sur Ortiz.
— Je me souciais de ne rien dire qui pût les compromettre. J’agirais de même à votre égard, monsieur le Président, si le cas se présentait.
— Il est établi que vous vous entouriez de Cohen et d’Ortiz.
— Pour entourer quelqu’un, il faut au moins trois personnes. (Explosion de rires.)
— On vous a vu causer avec des anarchistes derrière un réverbère.
— Pouvez-vous me dire, monsieur le Président, où ça se trouve derrière un réverbère ? (Rires forts et prolongés. Le président fait un rappel à l’ordre.)
— On a trouvé dans votre bureau, au ministère de la Guerre, onze détonateurs et un flacon de mercure. D’où venaient-ils ?
— Mon père était mort depuis peu de temps. C’est dans un seau à charbon qu’au moment du déménagement j’ai trouvé ces tubes que je ne savais pas être des détonateurs.
— Interrogée pendant l’instruction, votre mère a déclaré que votre père les avait trouvés dans la rue.
— Cela se peut bien.
— Cela ne se peut pas. On ne trouve pas de détonateurs dans la rue.
— Le juge d’instruction m’a demandé comment il se faisait qu’au lieu de les emporter au ministère, je n’eusse pas jeté ces tubes par la fenêtre. Cela démontre bien qu’on pouvait les trouver sur la voie publique. (Rires.)
— Votre père n’aurait pas gardé ces objets. Il était employé à la Banque de France et l’on ne voit pas ce qu’il pouvait en faire.
— Je ne pense pas en effet qu’il dût s’en servir, pas plus que son fils, qui était employé au ministère de la Guerre.
— Voici un flacon de mercure que l’on a trouvé également dans votre bureau. Le reconnaissez-vous ?
— C’est un flacon semblable, en effet. Je n’y attache pas l’ombre d’une importance.
— Vous savez que le mercure sert à confectionner un dangereux explosif, le fulminate de mercure].
— Il sert également à confectionner des thermomètres, baromètres, et autres instruments. (Rires)

 

What if… les affiches de Peter Stults

6109156915_da8bc5df80_b 138266ce4203d75278dc6f8bab840c63 563a541616bd59190130b6aa5011c9c385d53eb378ac684fcb30d58970501fc3 61fe905b73903dc5ce28782c0977754da8790ef46799cc41757c6017b9c500cd59fcb0e56adb05e8d0eec22f42ce1253 7f893bc915f72fef7b1d2aff61e402d0 3ed2bb56766d97e86ea8591cb95f4cf0 3fbbfdab6d9d90afbced4a99fc54e4da 1a4b0395fc1505b907be5f708c6cbebb

Peter Stults est un graphiste new-yorkais qui s’est amusé à (re)créer des affiches de films contemporains (ou presque) dans un style des années 50 et 60. L’idée n’est pas totalement nouvelle, car la tendance est au rétro avez-vous remarqué?, et Stults s’est par ailleurs inspiré du travail d’un autre graphiste, Sean Hartter, dont vous pouvez contempler les oeuvres là: http://hartter.blogspot.fr/2009/11/misc.html

Loin de moi de minimiser le travail de Peter Stults car il est nécessaire de posséder une bonne connaissance des styles pour pouvoir les détourner et, plus simplement, d’avoir le déclic de la relation entre une mise en page ancienne codifiée et le thème d’un film récent. Le travail sur Drive, notamment, est assez judicieux. Celui de 2001 relève de l’hommage, on l’aura compris, et Lang le visionnaire, réalisateur du premier film ‘sérieux’ de SF, aurait probablement apprécié qu’on lui attribue le chef-d’oeuvre de Kubrick. Peter Sellers aurait été parfait pour interpréter Groundhog Day, on aurait pu porter son choix sur Buster Keaton, mais on aurait trop changé d’époque… Quand à Avatar, avec son florilège d’effets et de 3D, il s’inscrit parfaitement dans la mouvance des films spectaculaires des années 50 et de leur mise en valeur des écrans larges, stéréoscopie etc. dont la nouveauté servait d’appareil publicitaire.

Vous pourrez  admirer davantage du travail de Peter Stults à l’adresse suivante: http://www.behance.net/PeterStults

Robert Auer (1873–1952)

1318437066_robert-auer-2099631781_large_1318437048_robertauer39  tumblr_lx7tsyW64J1qdy7vgo1_500 tumblr_mh0x2lIFZh1qk38c7o1_1280 1318437092_robert-auer-5 1318437012_iskuenje-sv.-antuna-detalj-1917 1311525153_zzz-16 tumblr_m95sh4SMZf1r3leqzo1_128099631785_large_1318437062_robertauer1

En voilà un peintre oublié!

Croate, formé à l’académie de Vienne et celle de Munich au moment de l’art nouveau (très évident dans son oeuvre), il voyage et est influencé par les grands centres culturels européens. Il devient célèbre en temps que portraitiste de la haute bourgeoisie (si, si…), avec plus de 150 portraits réalisés.

C’est le seul croate à présenter son travail à l’exposition d’art nouveau de Munich en 1896 et est vite reconnu, en particulier après son exposition à Paris en 1906. Néanmoins, son oeuvre est largement sous-estimée (qui connaît son nom?) sauf par quelques collectionneurs avisés. D’ailleurs, la plupart des tableaux, dessins et aquarelles exposés lors de rétrospectives sont issus de collections particulières.

Il est surtout, on le comprend en regardant les reproductions de toiles présentées ici, un peintre de l’érotisme. Est joint également une photographie d’un modèle dans son atelier (à préciser qu’il photographiait lui-même ses modèles).

A noter également: les oeuvres étant peu exposées, les reproductions présentées ici sont issus de scans des catalogues, d’où leur piètre qualité.

Bernd Alois Zimmermann

420001137-diffusion

Je viens de tomber sur cette phrase de Zimmermann (1918-1970), compositeur du magnifique opéra « Die Soldaten » (1965), écrite à propos de sa période de mobilisation pendant la Seconde Guerre mondiale:

« À la place que nous devrions occuper à présent se trouve toujours et encore la génération plus ancienne, et quand nous nous y trouverons enfin, la plus jeune nous aura dépassés, si nous ne prenons pas garde. Voilà le cadeau que nous a offert le Reich millénariste pour compenser le fait de nous avoir volé notre jeunesse. »

Tout à fait exact. Les années allemandes de l’après guerre confirmeront ce constat.

Hey! Modern Art & Pop Culture 2ème édition

Mise en page 1

Une très belle exposition à la halle saint-Pierre, encore une fois visitée avec ma fille Sélina. Consacrée en particulier à certaines formes d’art brut, mais pas seulement, car se côtoient les travaux d’une soixantaine d’artistes aux styles variés et n’entretenant pas forcément de rapport étroit avec l’expression de Dubuffet. Le principal trait commun entre ces personnalités tient en la réutilisation ou l’interprétation de la culture contemporaine et de l’art populaire.

Tout l’intérêt de ce dédale exaltant tient en sa variété, les supports utilisés, les propos (politiques, religieux, narratifs…), les styles. Une macédoine, ou un cabinet de curiosité c’est selon, plongeant ses racines dans l’effervescence contemporaine (les artistes sont majoritairement jeunes, ce qui encourage un regard direct sur l’actualité), souvent inspirés par la culture d’aujourd’hui, comme en témoignent les récupérations d’icônes, les assemblages et collages, ou encore la relecture moderne de classiques réinterprétés à la sauce surréaliste. Les sculptures très organiques de Choi Xooang (magnifique ailes constituées de mains), côtoient les crânes habillés de Jim Skull, les fouillis organisés et mono-maniaques du désormais classique Joe Coleman, le travail de Mike Davis exposant une collection de faux Brueghel ou Bosch qui auraient étudié Freud, Dali et Walt Disney, les livres sculptés de Brian Dettmer, ou les poupées Barbie déglinguées de Mariel Clayton. A côté des nouveaux venus, quelques classiques comme des planches de Winsor McCay, ou des dessins de l’épopée Bazooka du tournant 1980, ou même les dernières sculptures de Giger.

Cette expo mélange de Pop et de surréalisme se tient jusqu’au 23 Août 2013.

http://www.hallesaintpierre.org/2012/11/hey-modern-art-pop-culture-part-ii-2/