100 ans de cinéma d’animation, disponible le 21 octobre 2015.

100 ans de cinéma d’animation.

Encyclopédie mondiale consacrée au film d’animation des origines à nos jours. 416 pages, plus de 500 illustrations. Editions Dunod.

En vente le 21 octobre.

http://www.dunod.com/loisirs-scientifiques-techniques/photo-cinema-audio/tv-video-cinema/100-ans-de-cinema-danimation

Encyclopédie mondiale consacrée au cinéma d'animation. Editions Dunod.

Encyclopédie mondiale consacrée au cinéma d’animation. Editions Dunod.

Interstellar: l’homme est né sur la Terre, va dans l’espace, reste new-âge et tradi parce que l’Amour, c’est beau.

Je n’ai pas cessé de louer les films de Christopher Nolan, avec toutefois quelques réserves. Le choc occasionné par la vision de Memento avait rivé mon attention sur ce réalisateur; Insomnia et surtout The prestige, au scénario époustouflant, m’avaient définitivement conquis.

En tant qu’amateur de SF, je ne pouvais rater le dernier opus, Interstellar (Interstellaire au Québec, au cas où on ne comprendrait pas).

C’est donc, malgré la petite voix qui ronronnait dans mon esprit et me disait: « fais gaffe », que j’ai accepté de m’asseoir 2h48 heures durant devant le film.

Las! La déception a été grande, et il est intéressant de tenter d’en comprendre les raisons.

Pour cela, revenons aux sources du film. Le projet a connu une gestation difficile, comme souvent dans les studios américains. Il est d’abord acheté par Steven Spielberg qui colle Jonathan Nolan, le frère de, au scénario. Le Jonathan est bien connu: c’est lui qui avait écrit Mémento justement (le film variera quelque peu du récit d’origine) et adaptera (très bien) Le prestige. Spielberg décide finalement de ne pas réaliser le film et c’est Christopher Nolan qui le récupère six ans plus tard. Sa vision doit alors s’accorder au précédent développement, même si c’est toujours le frère-scénariste qui reste aux commandes. Et c’est là que l’on sent les deux cultures, les deux propos, frotter.

Il y a pourtant des points intéressants, voire particulièrement bien mis en scène dans le film. Ainsi, la fin montrant un espace à multiples dimensions, ou les vues de la planète aquatique et ses impressionnantes montagnes liquides. Mais tous ces effets visuels n’occultent pas le vide narratif.

Un vide paradoxal car l’espace, pourtant acteur et décor, est singulièrement peu montré, ou en tout cas, sans le moindre amour, sans cet appel que tous les nostalgiques qui ont connu les explorations de la Nasa et le périple vers la lune, ou écouté David Bowie oserais-je ajouter, comprendront. À cet égard, Gravity reste le modèle de l’hymne sans reproche à cette dimension évanescente, froide, aux dimensions extra-humaines mais si fascinante. Dans Interstellar au contraire, on sent en permanence que Nolan veut rester sur terre. L’espace ne l’intéresse pas. Et pour cela, il fait appel à l’humain, ou plutôt à l’image de l’humain, dans tout ce que cette notion peu contenir de désuet et cucul la praline. En fait, tout le propos du film revient à: « ne partez pas: le bonheur, c’est simple comme un champ de maïs et une bonne vieille famille dans une cuisine ». Bref, le film est conservateur et profondément rural. Les pieds dans la boue, la tête dans le passé et non dans les étoiles. Interstellar est un film de science-fiction, certes, mais dont on sent que les prémices scientifiques devaient tant déranger Nolan qu’il n’a pu s’empêcher de flirter avec le fantastique (le fantôme perçu par la fille), même si une explication finale un poil tirée par les cheveux permet de rationaliser les phénomènes paranormaux.

Le personnage principal choisi (pour des raisons peu crédibles) pour être le sauveur de l’humanité, se révélera finalement si lié à sa fille, que cette dernière, restée sur terre et ayant voulu empêcher que son père parte pour l’espace, deviendra la messie de l’humanité. Par le biais des innombrables hommages à 2001 l’Odyssée de l’espace, on n’échappera pas non plus aux transmissions vidéo des proches restés sur Terre. L’amour, davantage que la gravité pourtant citée à de nombreuses reprises, constitue le lien ultime dans l’espace et surtout dans le temps, assure la cohérence de l’univers. Plus fort que la matière noire, c’est dire. Tout ce mélo vaguement new-âge à l’habillage technologique fleure le Spielberg des premières années, et même un peu après: que l’on pense à IA par exemple, modèle de niaiserie mâtinée de candeur. Là où Spielberg avait réussi avec ET en mêlant avec brio science, amour et merveilleux, Nolan s’arrête à notre vie ordinaire, telle que perçue au travers du filtre d’un roman sentimental de gare. Et pourquoi pas d’une certaine manière? Mais le paradoxe est que le film n’est pas très organique: bien sûr, Nolan reprend l’idée des gros plans sur les personnages de 2001 (la vue sur les casques lors du passage du trou de ver), ou maquille convenablement ses personnages pour qu’ils soient liés à la matière et notamment à la poussière (symbole de mort dans le film, mais dont toute personne est issue dans les mythologies, car représentation de l’élément « terre-notre mère »). Mais il ajoute aussi une histoire d’amour de laquelle on ne ressent aucune passion, il ne fait pas éprouver non plus les 23 ans d’attente du pauvre gus coincé dans son vaisseau (on blanchit un peu sa barbe et le tour est joué)… Tout dans le film est froid, dépourvu d’âme, et les trois heures passent lentement. Quant aux explications scientifiques émaillant le film et qui ont constitué le moteur du marketing, elles sont difficiles à suivre pour un néophyte et surtout n’engagent psychologiquement aucun personnage. Les dialogues sont à l’unisson: finalement assez plats, ne révélant que peu de psychologie des astronautes.

Finalement, la bonne surprise de ce film bien trop long vient du design très inventif et même de l’esprit des robots. C’est dire…

Bernd Alois Zimmermann

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Je viens de tomber sur cette phrase de Zimmermann (1918-1970), compositeur du magnifique opéra « Die Soldaten » (1965), écrite à propos de sa période de mobilisation pendant la Seconde Guerre mondiale:

« À la place que nous devrions occuper à présent se trouve toujours et encore la génération plus ancienne, et quand nous nous y trouverons enfin, la plus jeune nous aura dépassés, si nous ne prenons pas garde. Voilà le cadeau que nous a offert le Reich millénariste pour compenser le fait de nous avoir volé notre jeunesse. »

Tout à fait exact. Les années allemandes de l’après guerre confirmeront ce constat.

Hey! Modern Art & Pop Culture 2ème édition

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Une très belle exposition à la halle saint-Pierre, encore une fois visitée avec ma fille Sélina. Consacrée en particulier à certaines formes d’art brut, mais pas seulement, car se côtoient les travaux d’une soixantaine d’artistes aux styles variés et n’entretenant pas forcément de rapport étroit avec l’expression de Dubuffet. Le principal trait commun entre ces personnalités tient en la réutilisation ou l’interprétation de la culture contemporaine et de l’art populaire.

Tout l’intérêt de ce dédale exaltant tient en sa variété, les supports utilisés, les propos (politiques, religieux, narratifs…), les styles. Une macédoine, ou un cabinet de curiosité c’est selon, plongeant ses racines dans l’effervescence contemporaine (les artistes sont majoritairement jeunes, ce qui encourage un regard direct sur l’actualité), souvent inspirés par la culture d’aujourd’hui, comme en témoignent les récupérations d’icônes, les assemblages et collages, ou encore la relecture moderne de classiques réinterprétés à la sauce surréaliste. Les sculptures très organiques de Choi Xooang (magnifique ailes constituées de mains), côtoient les crânes habillés de Jim Skull, les fouillis organisés et mono-maniaques du désormais classique Joe Coleman, le travail de Mike Davis exposant une collection de faux Brueghel ou Bosch qui auraient étudié Freud, Dali et Walt Disney, les livres sculptés de Brian Dettmer, ou les poupées Barbie déglinguées de Mariel Clayton. A côté des nouveaux venus, quelques classiques comme des planches de Winsor McCay, ou des dessins de l’épopée Bazooka du tournant 1980, ou même les dernières sculptures de Giger.

Cette expo mélange de Pop et de surréalisme se tient jusqu’au 23 Août 2013.

http://www.hallesaintpierre.org/2012/11/hey-modern-art-pop-culture-part-ii-2/

Festival de Condrieu 2013 (Vendanges graphiques)

Un week-end absolument charmant, près de Vienne et dont le nom constitue tout un programme: Vendanges graphiques.

Bon, alors la B.D.: des invités à rencontrer ou à revoir: entre autres Jean-Christophe Chauzy, Raphaël Gauthey, le clan Jouvray, Matthias Picard, Jean-Philippe Stassen, Tom Pirabosco, Etienne Léocrat, Anouk Ricard, Frederik Peeters etc. et un prix Goncourt d’une belle humilité qui réconcilie avec la blanche: Alexis Jenni.

Et puis du vin, hein! (voir l’intitulé du festival). Et d’abord la découverte que le Condrieu blanc est formidable (je ne connaissais pas). Sans compter une soirée passée à déguster une cinquantaine de Côtes rôties et Saint-Joseph avec des escargots et des champignons, entre autres merveilles. Eh bien le lendemain me demanderiez-vous? Parfait! Quand le vin est bon, preuve est faite que le mal de crâne est absent (pas de sulfite). Et heureusement parce qu’avec les journées dédiées aux dédicaces, il fallait tenir.

En bref, un festival à l’organisation humaine et amicale; une première édition avec un bon succès. De quoi donner envie d’y retourner…

Noir comme l’éblouissement: L’ange du bizarre. Le romantisme noir de Goya à Max Ernst

Une très belle exposition,

Les textes présentant chaque salle sont éclairants. Le choix des toiles pertinent, même si l’on regrette quelques manques (le symbolisme n’est représenté que par quelques artistes, la musique est totalement absente).

Néanmoins, le parcours est fascinant, et bien évidemment, le parallèle avec notre époque ne peut manqué d’être effectué. Le rêve et le cauchemar: cette occulte part de notre esprit, manifestation des pulsions et désirs qui constituent notre terreau nous tend un miroir sur notre être secret et nos craintes les plus cachées. Elle est soigneusement escamotée de nos jours, ou pire, travestie dans le but d’être transformée en une valeur quantifiable et commercialisable pour le plus grand monde, détruisant la véritable catharsis des récits qui attaquaient et nourrissaient les racines de l’inconscient au profit de spectacles méticuleusement édulcorés.

Pourtant, le véritable effroi gothique, l’obscure clarté des forêts emprisonnantes, les créatures démoniaques et mon amie La Mort, méritent mieux qu’une récupération vestimentaire et cinématographique formatées en ces temps où le futur est sombre et où le constat de tout système politique, philosophique et économique est désormais amer et sans plus d’illusion, ce qui pourtant, à une époque, était à l’origine du romantisme noir.

http://www.musee-orsay.fr/index.php?id=649&L=0&tx_ttnews%5Btt_news%5D=35087&no_cache=1

Expo Dali

Il était temps, elle allait fermer.

Et pour en profiter, il fallait du courage: un mercredi en plein après-midi, il a fallu 1h30 pour y parvenir après moult queues.

Mais l’exposition valait le détour. Pas une grande quantité de toiles, mais un parcours thématique intelligent. Et assez d’oeuvres néanmoins pour s’attarder sur quelques travaux emblématiques et les analyser avec attention.

Je me demande encore quelle taille de pinceau il pouvait bien utiliser pour réussir à mettre autant de détails dans les éléments lointains et donc… petits…

Par contre, la signature, au fil de la carrière de Dali, a pris des dimensions mégalomaniaques, inversement proportionnelles à la qualité ou l’intérêt de ce travail plus contemporain.