Pierre Henry

Pierre Henry: « Les compositeurs travaillent avec des sons à tout faire, l’équivalent des notes de musique. Moi, je n’ai pas de notes. Je n’ai jamais aimé les notes. Il me faut des qualités, des rapports, des formes, des actions, des personnages, des matières, des unités, des mouvements. /…/ C’est insuffisant, les notes. Ça n’est rien. Ça se perd. C’est bête. On ne peut pas travailler avec les notes. Les notes, c’est bon pour les compositeurs. »

Bernd Alois Zimmermann

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Je viens de tomber sur cette phrase de Zimmermann (1918-1970), compositeur du magnifique opéra « Die Soldaten » (1965), écrite à propos de sa période de mobilisation pendant la Seconde Guerre mondiale:

« À la place que nous devrions occuper à présent se trouve toujours et encore la génération plus ancienne, et quand nous nous y trouverons enfin, la plus jeune nous aura dépassés, si nous ne prenons pas garde. Voilà le cadeau que nous a offert le Reich millénariste pour compenser le fait de nous avoir volé notre jeunesse. »

Tout à fait exact. Les années allemandes de l’après guerre confirmeront ce constat.