Decay

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Detroit représente l’avenir des Usa à la fin du XIX° siècle et s’orne de constructions nouvelles, ambitieuses, modernes. Et bien sûr la ville est également l’emblème de la production automobile,  partie importante de la culture américaine.

La ville, quatrième en importance aux états-unis dans les années 50, se transforme, les usines et résidences fleurissent en banlieue, la désindustrialisation arrive, les révoltes urbaines (1967) font rage. Bientôt, le centre ville est déserté, puis la crise qui touche le nord des Etats-unis frappe durement. La ville perd un quart de ses habitants entre 2000 et 2100. Le centre ville offre désormais un spectacle apocalyptique qui inspire deux photographes: Yves Marchand et Romain Meffre.

Ce qui me fascine dans ces images (j’ai toujours adoré les images post-apocalyptiques, probablement pour le romantisme extrême qu’elles évoquent, et cet enchantement a largement contribué à mon goût pour la science-fiction), c’est le vécu encore tangible: les chaises sont présentes, le piano également, ou encore ce matériel de cabinet de dentiste. On a le sentiment que l’homme a déserté les lieux en catastrophe, laissant tout derrière lui, alors que cet exode a bien sûr été progressif. Car voilà, la société d’abondance délaisse les anciennes constructions sans même prendre la peine de récupérer ce qui pourrait encore l’être: j’ai l’impression de voir là comme un emballage dans une poubelle, un papier gras de béton et de stuc à l’échelle d’une ville et que l’on jette après usage. Même la vue des coffres de banque rouillés, en vrac sur un sol en pente, devant la porte de la chambre forte; laisse un arrière-goût étrange… L’homme est bien sûr absent de ces photos: il n’a plus rien à y faire; les ruines nous invitent seulement à rêver et à nous questionner.

A visiter: http://www.marchandmeffre.com/detroit/index.html

Erwin Olaf (1)

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Né Erwin Olaf Springveld (1959-), néerlandais. Des études de journalisme, puis un concours en 88 (Chessmen) qui le lance.

Je pourrais parler longuement de son travail assez diversifié et j’y reviendrai ultérieurement avec des clichés témoignant d’autre style. Dans ce post, je préfère privilégier la mise en scène référentielle aux techniques picturales (ouverture souvent unique faisant entrer une lumière extérieure blanche, blafarde presque; mise en place et composition au millimètre, équilibrage des valeurs, estompage des ombres, respect des matières, contrastes de couleurs); et bien évidemment choix des sujets (natures mortes, portraits en pied, scènes religieuses etc.).

La série de natures mortes réalisée en collaboration avec la styliste Tatjana Quax représente un cas ultime de jeu sur le clair-obscur, sur le mise en place, l’effacement des valeurs bouchées ou grillées (trop noires, trop blanches). Tout est mesuré, quantifié, jusqu’au drapé et la position des doigts. Au millimètre. La raison l’emporte, l’analyse prévaut. Là, l’artiste (le photographe) s’efface derrière le modèle à reproduire.

Je dois avouer que j’adore ce type de bel ouvrage. Parce que la référence à l’Histoire de la peinture, et, de manière plus générale, les clins d’oeil à la culture passée me parlent; et parce que le soin extrême apporté à la réalisation de ce jeu force évidemment l’admiration et fait naître un sourire amusé.

Geof Kern

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Geof Kern, est un photographe travaillant pour la presse et possédant un goût prononcé pour l’onirisme et le spectaculaire.

Les mises en scène sont soignées, faisant parfois appel à la post-production.

Ce qui étonne le plus, c’est la diversité des travaux: noir et blanc, couleur, mais surtout recherches graphiques pures, associations surréalistes, subtils décalages avec le monde réel, critiques comportementales, références littéraires etc.

 

http://www.geofkern.com

 

Les saynètes de Tim Walker

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Tim Walker, né en 1970, anglais, ancien assistant de Richard Avedon à NYC. http://timwalkerphotography.com

Un style unique, onirique, extravagant, baroque, coloré, organisé au millimètre près dans le cadre avec un stylisme au-delà de tout reproche. Bien sûr, il s’agit là de photographies de mode, donc publicitaires, mais ce ne sont pas tant des produits qui sont présentés plutôt que des histoires, ou à tout le moins des saynètes. Les photos de Walker racontent, ce sont des instantanés narratifs dans le sens où l’on y perçoit systématiquement un avant et un après. Et souvent nous nous surprenons à désirer vivre dans un monde aussi merveilleux et déjanté.

Le choix des images pour cette courte présentation était délicat tant son oeuvre est éblouissante et variée, aussi je conseille d’aller explorer son site dont l’adresse figure plus haut.

Tim Walker travaille 10 ans pour Vogue et lorgne désormais du côté de la réalisation de longs métrages.

 

Maleonn

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Maleonn, photographe chinois né à Shanghai, de son vrai nom Ma Liang, né dans un camp de travail (enfin, de rééducation…) dans lequel son père, directeur d’opéra avait été interné avec sa femme.

Il réalise d’abord de nombreux courts métrages et devient l’un des créateurs publicitaires les plus en vogue. Il délaisse alors ce travail alimentaire qui ne laisse que peu de place à la création personnelle.

Rien n’est laissé au hasard dans ces compositions réalisées en studio, qui révèlent le malaise de la société chinoise qui s’occidentalise à grand pas.

http://www.maleonn.com

Margo Ovcharenko

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Margo Ovcharenko, photographe russe plutôt jeune (née en 1989). et déjà une forte personnalité avec ses portrait d’une grande douceur, mettant en avant les peaux laiteuses et une certaine forme de nostalgie.

Son travail a été exposé à la Russian Tearoom en 2012 Gallery (http://www.rtrgallery.com/html.php?lang=fr&id=273)